Quarante ans après sa sortie initiale en décembre 1985, le film “coup de poing » réalisé par Agnès Varda ressort au cinéma le 11 mars 2026 dans une version restaurée.
Avec plus d’un million d’entrées à sa sortie en décembre 1985, SANS TOIT NI LOI demeure le film le plus populaire d’Agnès Varda, récompensée par le Lion d’Or à la Mostra de Venise en septembre 1985.
Le film révèle une toute jeune Sandrine Bonnaire, alors âgée de dix-huit ans, qui reçoit le César de la Meilleure Actrice pour son interprétation inoubliable de Mona, une vagabonde sans concession au destin tragique.
Porté par un mélange singulier de comédiennes et comédiens non professionnels et de talents confirmés, parmi lesquels Macha Méril, Stéphane Freiss et Yolande Moreau, le film s’appuie également sur une bande originale marquante, associant la composition de Joanna Bruzdowicz au titre Marcia Baïla des Rita Mitsouko.
Alors que Coluche venait de lancer son appel pour une “cantine gratuite” pour l’hiver 1985 (prélude au à la création des Restos du Cœur), SANS TOIT NI LOI avait profondément marqué les Françaises et les Français en mettant en lumière les conditions de vie de celles et ceux qu’on n’appelait pas encore les sans domicile fixe.
“L’hiver m’inspirait, qui dessine les paysages au lieu de les peindre, et ceux qui sont dehors en hiver m’intriguaient, les sans-abris, les errants, les fugueurs, ceux dont on dit qu’ils font la route. Vers 1984, les journaux parlaient beaucoup des « nouveaux pauvres ». Même si bien des cas sont pathétiques, il s’agit souvent de la réduction de leur train de vie. Au mot « nouveaux pauvres » j’associais toujours « anciens pauvres », ceux qui depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui, mendiants ou pas, se traînent dans les villes ou sillonnent la campagne. Ceux qui n’ont rien, sauf faim.” Agnès Varda
Quarante ans plus tard, le film résonne avec une force intacte. La construction du film, en douze travellings de droite à gauche accompagnant la marche de Mona, lui donne une forme radicale intemporelle. La mort solitaire dans le froid de l’héroïne libre du film interroge aujourd’hui encore le public sur notre société. Ainsi SANS TOIT NI LOI questionne de nouveau la précarité en France, dans un contexte où le nombre de personnes sans domicile ne cesse d’augmenter, atteignant près de 350 000 personnes, selon les associations (source : Le Parisien).
“De cette femme-là, une morte de froid trouvée dans un ravin un matin d’hiver, cette femme que personne n’a vu, Agnès Varda fait l’une des plus grandes héroïnes du cinéma moderne. Le visage d’un métayer Marocain fait l’objet de la même attention que celui d’un acteur professionnel. C’est ce que j’aime plus que tout dans ce film, comme dans chacun des films d’Agnès Varda. Cette quête absolue de la justesse et de la vérité qui lui fait emprunter tous les détours formels : du naturalisme le plus sec à la stylisation d’un texte en prose adressé face caméra dans des intérieurs documentaires tour à tour par des acteurs ou des personnages réels. Un berger philosophe, une universitaire bienveillante et empathique, une bonne en quête d’amour, une vieille fille qui se joue de sa mort, une SDF qui discute sur le banc de la gare de Nîmes avec un homme endimanché… Ce peuple rassemblé par la curiosité d’une cinéaste facétieuse, compose un monde qui nous aurait échappé si Agnès Varda n’avait pas existé.” Alice Diop, réalisatrice.
SANS TOIT NI LOI a été et reste un modèle et une inspiration revendiquée pour de nombreux cinéastes comme Chantal Akerman, Claire Denis, Bruno Dumont, Andrea Arnold, Céline Sciamma, Kelly Reichardt, Mati Diop…
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