Japon / titre original : Kumonosu-jō / 110’ / Noir & blanc / statut : film fini
Le commandant Washizu, à qui un esprit a prédit qu’il deviendrait le seigneur du château de l’Araignée, est influencé par sa femme pour que la prophétie se réalise.
Kurosawa transpose Macbeth dans le Japon féodal et réussit l’union parfaite des deux cultures européenne et japonaise. D’abord parce que le cinéaste voit, dans la tragédie de Shakespeare, une période de guerres proche de celles qui agitèrent son pays au XVIe siècle. Et puis l’atmosphère fantastique du bois de Birnam lui inspire les paysages de la forêt de l’Araignée peuplée d’esprits. Si les images d’un noir et blanc expressionniste évoquent invariablement le cinéma allemand des années 1920, c’est aux codes du théâtre nō que Kurosawa emprunte l’épure des décors minimalistes ou l’expression et la gestuelle des personnages, celles des mimiques de Toshirō Mifune, déformé par la terreur, ou celles du visage d’Isuzu Yamada, masque impassible et froid. Visuellement sublime, Le Château de l’Araignée est une œuvre phare dans la filmographie de Kurosawa, une somme d’images fortes qui résonnent, encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif.